Es-tu un knowledge worker ?

Note : sur cet article, pour des raisons pédagogiques, on va se tutoyer.

Fais-tu partie des personnes qui savent souvent quand est-ce qu’elles démarrent une tâche mais jamais quand est-ce qu’elles la terminent ?

Si oui, sache que ce n’est pas de ta faute ! Tu es un ou une knowledge worker. En français, un travailleur du savoir ! C’est un mot élégant qui veut dire le contraire de travailleur manuel.

La notion du knowledge worker est largement répandue dans le monde du management mais rarement évoquée lorsqu’on parle de productivité personnelle et de gestion du temps.

La notion du travailleur du savoir a été conçue en 1959 par le père du management Peter Drucker dans son livre The Landmarks of Tomorrow. Peter Drucker expliquait déjà à l’époque que la performance des entreprises résidera dans les savoirs que porteront leurs salariés et leur productivité personnelle.

Le travailleur du savoir stresse beaucoup !

Le travailleur du savoir, knowledge worker, est quelqu’un qui travaille avec sa tête et non pas avec ses mains. Bien que cela semble prestigieux, être un travailleur du savoir implique beaucoup de problèmes d’organisation et de stress et explique pourquoi beaucoup arrivent au burn out.

Pour comprendre cela, il suffit d’analyser les cinq différences entre le knowledge worker et le travailleur manuel.

1- La durée des tâches :

Le travailleur du savoir sait quand commence une tâche et quand est-ce qu’il la termine. Il sait combien de temps peut prendre chacune de ses tâches physiques. Le knowledge worker n’a pas la même visibilité. Il peut prétendre écrire un email en 5 min et se surprendre à l’envoyer après 30 min suite à plusieurs écritures et corrections.

 2- Précision des tâches vs des tâches vagues  :

Revenant à cet email du knowledge worker, bien qu’il sache qu’il doit le rédiger, il ne sait pas quoi écrire précisément. Il doit le définir par lui même. C’est le cas de la majorité de ses tâches. Elles sont vagues. Le travailleur manuel réjouit d’une précision des choses à faire et surtout du résultat final à atteindre. Il sait donc exactement ce qu’il doit faire et à quoi s’attend son manager ou son entreprise. Le knowledge worker quant à lui est frustré par rapport au résultat final à atteindre pour chacune de ses tâches.

3- Exécution prédéfinie vs exécution à définir :

En plus de savoir quoi faire, combien de temps cela prendra, le travailleur manuel sait également avec clarté comment il doit faire son travail et l'exécuter. Pour cela, il profite des best practices accumulés par ses collègues et ses prédécesseurs. L'entreprise lui fournit également des manuels et des process de travail précis.

Le knowledge worker n'a pas du tout ce privilège. Il doit apprendre par lui même comment s'organiser, comment prioriser ses tâches et ensuite comment les exécuter. Il ne profite pas forcément des méthodes de ses pairs. Il doit trouver, souvent par ses propres moyens, les solutions à ses problèmes de productivité. Les plans de formations continues et l'accompagnement proposés par les entreprises sont censés répondre à cette problématique.

4- Pas de décisions à prendre vs beaucoup de décision à prendre :

Comme tout est prédéfini à l'avance et souvent préparé par l'entreprise ou dicté par le résultat final, le travailleur manuel n’a pas beaucoup de décisions à prendre. Quant au travailleur du savoir, dès le matin, il doit décider s’il doit consulter sa boîte emails, démarrer un brief avec son équipe, consulter sa todo liste ou contacter un client qui a émit une demande urgente la veille. Le knowledge worker doit prendre beaucoup de décisions et doit faire face à beaucoup de choix ce qui l'amène souvent à l’épuisement et à la fatigue mentale et émotionnelle.  

5- Feedback immédiat vs feedback tardif ou pas de feedback du tout :

C’est un grand luxe dont réjouit travailleur manuel ! Il peut savoir immédiatement s'il fait bien ou pas son travail, s'il commet des erreurs et souvent s'il avance vers la bonne direction. Le knowledge worker doit souvent commencer par entendre quelques rumeurs, avoir le sentiment que quelque chose ne va pas et décortiquer des messages subliminaux avant qu'on lui annonce, peut-être, qu'il fait mal son travail !

Es-tu un travailleur du savoir ?

Si tu lis cet article en ce moment dans ton bureau, tu l'es fort probablement. Tu es sensé travailler normalement au lieu de te balader sur internet !  Mais si tu le fais, c'est parce que tu as le choix et tu es maître à bord par rapport à ton organisation. Cela implique deux choses importantes :

1- Apprendre la gestion du temps et l'organisation personnelle ne doit pas être juste un plus !

C'est un must ! La vraie compétence mère du travailleur du savoir est sa productivité et son organisation personnelle. Tu as besoin de travailler cette compétence en lisant des livres et en assistant à des formations de gestion du temps.

2- Tu seras souvent sujet au stress et à l'anxiété

Le travailleur manuel s'épuise physiquement et le travailleur du savoir s'épuise mentalement et souvent psychologiquement. Au-delà de la charge de travail que tu auras à gérer, le fait de te disperser, de devoir gérer ta concentration, de gérer tes priorités, de prendre des décisions, de travailler sans feedback immédiat.. t'épuiseront émotionnellement. Apprendre à gérer ton stress et à développer ton intelligence émotionnelle sont donc également un must !

Ce n'est pas compliqué à faire. Ce ne sont pas des compétences difficiles à acquérir mais elles nécessitent de leur accorder du temps et de l'attention pendant une période donnée.